Dépression post-partum : ça n’arrive pas qu’aux autres

Si vous avez cliqué sur cet article, c’est certainement que vous vous posez beaucoup de questions en ce moment, que vous cherchez des réponses. Depuis le début de l’année, les langues se délient concernant le post-partum. Via le hashtag #MonPostPartum, beaucoup de femmes ont évoqué les difficultés de l’après-accouchement, tout ce qui est passé sous silence (les saignements, les “tranchées”, la constipation, les hémorroïdes…). Mais, je voulais aujourd’hui parler d’un sujet difficile : la dépression post-partum.

Dépression post-partum et baby blues

Je vais commencer cet article par faire une petite distinction entre la dépression post-partum et le baby blues.

Le baby blues touche environ une femme sur deux. C’est une réaction totalement normale qui résulte du stress physique et mental d’avoir donné naissance à un enfant.  Il survient généralement au troisième jour après l’accouchement et peut durer jusqu’à 10 jours.

Vous pleurez brusquement pour rien, vous êtes d’humeur changeante, vous souffrez d’insomnies, vous êtes tristes alors que vous avez dans vos bras la plus belle chose qui soit, votre bébé. Et bien, tout cela c’est la faute du baby blues.

La dépression post-partum, elle, est un mal plus profond, plus intense et qui va perdurer.

Mon expérience et ma difficulté d’en parler

Voici pourquoi j’ai décidé d’écrire cet article, de faire entendre ma voix. Il faut absolument briser le tabou qui entoure la dépression post-partum. Donner naissance à un enfant est certes la chose la plus merveilleuse et magique au monde, mais c’est aussi un énorme bouleversement. Ma vie a changé du tout au tout depuis la naissance de mon fils Logan. Je ne m’imaginais pas du tout la charge de travail qu’implique d’élever un enfant. Surtout quand le papa est constamment hors de la maison, sur des chantiers aux quatre coins de la France.

Au début, je pensais que ma tristesse était liée à ma fatigue et au fait que j’avais eu une césarienne (je voulais absolument accoucher de manière naturelle, ce fut un véritable deuil d’accoucher par césarienne). Mais, au fil des mois, j’ai compris que c’était plus profond que cela. J’étais un véritable zombie, je faisais les tâches de la vie quotidienne de manière mécanique, sans émotion aucune. Je m’occupais de Logan mais sans vraiment interagir avec lui, comme si il n’était pas de moi. Et je m’en voulais tellement de ne pas ressentir plus d’affection que ça envers mon bébé que j’en ai parlé absolument à personne…

Peur du jugement, peur d’être anormale…

Moi qui avais rêvé de devenir maman (je vous invite à lire mon article “Mon cher utérus“), j’avais l’impression d’avoir fait la plus grosse erreur de ma vie. Je regrettais ma vie d’avant, je ne voulais qu’une chose que l’on me foute la paix et que Logan disparaisse. En écrivant ses mots, j’ai les larmes qui me montent aux yeux.

Un jour, j’ai craqué…

Un rdv chez le Pédiatre absolument horrible

J’ai eu un rendez-vous avec une pédiatre car je sentais que Logan avait quelque chose qui clochait mais je ne savais pas trop quoi. A force de parler à des copines des nuits horribles que me faisait subir Logan, elles m’avaient conseillée de voir une pédiatre et de lui demander de faire des tests pour éliminer des pistes de RGO ou d’intolérances alimentaires. D’ailleurs, j’écrirais un article complet sur le sujet prochainement.

Je vous passe le fait que cela a été un enfer de trouver une pédiatre qui veuille me recevoir. Un mois et demi d’attente, des jugements dès la prise de rdv…

A peine arrivée dans le cabinet du pédiatre, qu’elle me disait que tout ce que je faisais, était “mal” ou “pas appropriée”. J’étais à fleur de peau et je me suis effondrée sur ma chaise avec Logan à mes pieds. La pédiatre m’a alors dit : “Vous devriez voir quelqu’un car vous semblez à bout, totalement épuisée. Il faut vous faire aider.”

“Je pense que vous faites une dépression post-partum”

Voilà le mot était prononcé.

“J’ai besoin d’aide”

Oui, j’avais besoin d’aide. J’ai appelé mon mari dans la foulée et j’ai déversé tout mon mal être. Mon dieu… Ça fait tellement de bien de lâcher, de dire ce qui se passait en moi. Il m’a écoutée, m’a comprise.

Le confinement est arrivé quelques jours après, Kévin est rentré à la maison et m’a “déchargée”. Il m’a aidée du mieux qu’il pouvait et j’ai pu me remettre sur pied. Je devais voir un psy mais avec le confinement impossible.

Comment s’en sortir : les traitements

La première chose est d’aller voir un psychiatre ou un psychologue pour faire une thérapie. La parole libère. Je peux en témoigner ayant fait une thérapie quand j’étais jeune adulte. Le psychiatre va essayer de rétablir la relation mère/enfant.

Ensuite, il existe aussi les unités parents/enfants (une vingtaine en France). Les mères en dépression post-partum peuvent y être hospitalisées à temps plein ou juste pour quelques heures par jour. Chaque unité possède une équipe de soignants, (pédopsychiatres, psychologues, puéricultrices et infirmières). Elle va rassurer la maman et la reconnecter à son bébé. L’hospitalisation permet un relai, le bébé est pris en charge par l’équipe à certain moment de la journée ou de la nuit.

Enfin, il y a les interventions à domicile. Cela a été mis en place par certains hôpitaux. La maman reste dans son environnement, c’est bien plus rassurant que d’être à l’hôpital, et est entourée dans les tâches du quotidien par des puéricultrices libérales. Dans certains cas des psychologues peuvent aussi venir pour des consultations.

Mes conseils

Avec le confinement, j’ai dû m’en sortir quasiment seule. Et voici quelques conseils qui pourront, j’espère, vous être utile.

  • essayer de confier votre bébé pour prendre du temps pour vous : n’ayez pas peur de demander de l’aide autour de vous, nous ne sommes pas des super-women
  • écouter son corps et reporter certaines tâches quand on se sent fatigué : très dur pour moi de me poser et bien à force je suis arrivée à le faire et à me poser sur le canapé à juste regarder mon bébé jouer et cela fait du bien
  • manger sainement : alors, oui, cuisiner demande du temps mais vous pouvez aussi choisir des plats équilibrés et sains tout prêts pour ne pas vous surcharger de travail. Pensez notamment aux surgelés très pratiques.
  • pratiquer une activité sportive : vous pouvez la faire avec votre bébé. Pour ma part je faisais une balade d’une heure par jour avec bébé en écharpe. Prendre l’air fait un bien fou.
  • ne pas rester seule ! Même si vous avez un bébé en bas âge, cela ne vous empêche pas de sortir. Allez voir des amis, rencontrer des mamans via des cercles de paroles ou via les réseaux sociaux.
  • prendre soin de soi. C’est la chose la plus importante. Habillez-vous, pomponnez-vous, cela booste le moral et l’égo.

Cet article m’a demandée beaucoup de courage et a pris énormément de temps à écrire. J’espère que cela aidera certains mamans ou papas (car oui, la dépression post-partum touchent aussi les pères) et déliera certaines langues sur ce sujet un peu tabou dans notre société. Si vous avez besoin de vous exprimer et de vous confier, n’hésitez pas à m’envoyer un petit message sur mes différents réseaux ou ici en commentaire. Prenez soin de vous.

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1 Comment

  1. Coucou ma douce Camille, quand je lis ton témoignage, je me revois lorsque j’ai mon 2e enfant Ludivine.
    Vivant à Paris, loin de mes proches qui étaient ici, à La Réunion, je n’ai demandé de l’aide de personne… J’avais fait un baby-blues après l’accouchement pour ma fille aînée et ça n’a duré quelques jours… Mais pour Ludivine, j’étais au bout, épuisée physiquement , mais surtout moralement… ça a duré 3 ans , c’est à ce moment-là où je me suis totalement perdue dans mon corps de femme.
    Depuis , ça va mieux…
    Prends bien soin de toi
    PS: J’adore ton nouveau design , ça te représente bien.
    Des bisous

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