Nouveau sujet maternité sur le blog. Cette fois-ci je vais parler d’un sujet assez difficile et tabou sur certains points : la césarienne. Je suis une femme césarisée, c’est à dire une femme qui a subi une césarienne. Et en écrivant ces mots, je vois déjà que j’écris “subir” au lieu d’employer “avoir”. Comme si la césarienne était un acte atroce, monstrueux. Je voulais vous raconter mon histoire pour dédramatiser et peut être rassurer certaines femmes qui passeront par là. Je vais aussi donner la parole à Véronique qui a eu 4 césariennes dont une en urgence et qui nous fera par de son expérience et de ses émotions. Deux histoires de femmes césarisées voici ce qui vous attend aujourd’hui.

Ma césarienne : ressenti, émotions…

Vous le savez certainement si vous me suivez depuis un moment, j’ai eu une césarienne en urgence. C’était le jour J, le jour de mon terme et j’avais eu un décollement des membranes le matin même pour accélérer le travail. Nous l’avions demander avec Kévin car il devait repartir sur un chantier et avait peur de ne pas pouvoir assister à l’accouchement. Après une journée entière de contractions rapprochées, vers 22h Kévin m’emmena aux urgences de l’hôpital. Le travail n’avait pas commencé selon la sage femme (col dilaté à 2cm), mais elle me mit sous monitoring pour contrôler le rythme cardiaque du bébé. Après 30 minutes, tout s’accéléra, le bébé avait beaucoup de mal à reprendre un rythme cardiaque normal suite à mes contractions. Je fus emmenée au bloc en urgence pour une césarienne.

La peur, l’appréhension

Je m’étais préparée à accoucher par voie basse et sans péridurale. Ce fut un véritable choc de savoir que j’allais subir une césarienne. Oui car à ce moment là je la subissais. Pas le choix, le bébé était en souffrance. Pas le temps de réfléchir, les médecins s’affairent et je me sens comme une poupée de chiffon. Je commence à trembler de tout mon corps sans pouvoir me contrôler. C’était horrible. Cela venait du fait que l’on ne m’expliquait pas ce qui allait se passer. Heureusement pour moi, grâce à la méditation je me suis mise dans ma bulle et j’ai entrepris un travail de respiration pour me rassurer et me calmer. Même l’anesthésiste m’a encouragé et m’a félicité à ce moment là. Hop, pas le temps de parler, le médecin me dit qu’il va ouvrir pour sortir le bébé. Je ne sens rien mais mes jambes et mon buste bouge anormalement. On n’oublie vraiment son corps à ce moment là. Le bébé n’est pas engagé, il est encore haut. Le médecin veut m’appuyer sur le buste, je regarde la sage femme à mes côtés. Elle propose que je pousse si je m’en sens capable. J’acquiesce et pousse. Le médecin me félicite et arrive à sortir Logan que je rencontre enfin.

La joie et le soulagement

Logan est juste magnifique, on me le pose contre mon épaule. Impossible de faire le peau à peau… Tout le personnel médical me félicite pour mon courage et mon accouchement qui s’est très bien passé. Le médecin rigole même avec moi en me recousant. Toutes les sages femmes sont aux petits soins. C’est cela qui m’a fait du bien. Après la rigueur dont ils ont fait preuve lors de l’opération, tout le personnel soignant s’est détendu et avait le sourire. Grâce à eux j’ai vraiment apprécié le moment et je garde aujourd’hui un super souvenir de cette journée du 8 juillet 2019.

Une césarienne est un accouchement comme un autre, prisons ce tabou

Voilà ce que je veux dire en écrivant cet article, la césarienne est un accouchement comme un autre.Sur le coup, j’avais l’impression que l’on m’avait volé mon moment, mon accouchement rêvé. Mais, en fait non. La vie en a voulu ainsi et il faut l’accepter. Ne laissez jamais dire que vous n’avez pas accoucher car vous avez eu une césarienne. Une césarienne demande une force aussi puissante que l’accouchement par voie basse. Elle laisse un souvenir impérissable et une belle cicatrice. D’ailleurs je suis hyper fière de la mienne. J’ai mis du temps à l’accepter et maintenant je la regarde en souriant. De plus, je me suis remise très vite de ma césarienne, contrairement aux choses que j’ai pu lire sur le sujet. Le lendemain j’arrivais à me lever et à faire quelques pas. 5 jours après je montais les escaliers et me déplacer dans notre maison. Le plus difficile pour moi ça a été les piqures d’anticoagulants. J’en ai eu pendant 3 semaines et c’était douloureux et ça m’a laissé des bleus pendant des semaines.

Après ce long roman je laisse la parole à mon ami Véronique qui, elle aussi va s’exprimer sur le tabou de la césarienne.

L’histoire de Véronique : une première césarienne compliquée

Merci Camille pour ce témoignage si bouleversant qui m’inspire dans mon propre récit de ma première césarienne. Une césarienne en urgence. Quand j’y repense ce n’est pas un sentiment de joie ou de plénitude qui me vient à l’esprit mais un sentiment de peur,  de tristesse et de douleur. Je ne parle pas de douleur physique mais celle que les antalgiques ne soulage pas .

Ma première césarienne  je l’ai eu à 21 ans.  J’étais une jeune femme qui idéalisait son enfantement. Le travail fut fastidieux…  Je suis rentrée à la maternité le 6 août pour accoucher le 8 août.

48 heures de travail, trois péridurales.

Le col qui ne dépassait  pas les 2 cm,  l’équipe médicale a tout tenté pour que j’accouche par voie basse. “Vous êtes jeune on va tenter.” J’étais là comme spectatrice et non pas comme actrice je me questionnais beaucoup. Qu’ai-je fait de mal ? Pourquoi mon bébé ne veut y pas naitre ? En une fraction de seconde, tout bascule, tout s’accélère, le rythme cardiaque de ma petite fille ralentit brutalement. Une décision tombe : césarienne en urgence!

Personne ne m’explique ce qui se passe on m’a mis rapidement une charlotte sur la tête, le chariot fonce au bloc. “Que se passe-t-il ?” pas de réponse… “Mon bébé va-t-il bien ?” pas de réponse…  Là je rentre seule, sans mon fiancé, seule dans ce bloc froid avec toutes ces questions qui sont restées sans réponses. J’entendais le cœur de mon bébé ralentir, on ne m’explique rien. Anesthésie, aucune parole. Puis, un cri ! Ma petite fille était née quel bonheur ! Mais, pas de présentation, pas de peau à peau. On m’a volée ma naissance, on m’a volée mon enfantement. Ce sont les premières phrases qui ont traversé mon esprit.

Il m’a fallu plusieurs années pour me remettre de ce choc, de cette violence.

Une violence faite à mon corps mais aussi à mon bébé.

Il faut se préparer à une possible césarienne…

Mes deuxième, troisième et quatrième césariennes étaient programmées, elles se sont passées d’une manière fabuleuse. J’ai eu la chance, depuis la naissance de mon deuxième enfant, d’avoir un gynécologue obstétricien à l’écoute et une formidable équipe de professionnels.

Je rajouterais simplement une chose :  il est très important de préparer son corps de femme, de future mère  à l’éventualité d’une césarienne car cette dernière peut vraiment être très difficile à vivre autant moralement que physiquement et mentalement. La césarienne est encore un sujet tabou même à notre époque. Se préparer à cette naissance ne veut pas forcément dire qu’elle va se passer. Être bien informée et écoutée est tellement important. Je remercie chaudement Camille pour ce magnifique article qui parlera, je suis certaine, à bon nombre de femmes, de mamans et de futures mamans.  

La césarienne est une naissance particulière mais une naissance à part entière . 

Je finirais cet article témoignage sur le tabou de la césarienne par remercier Véronique de s’être confié à moi et je vous invite vous aussi à laisser votre témoignage en commentaire. En parlant de tabou, je vous dirige également vers mon article sur la dépression post-partum.

Crédit photos : Mama Green

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1 Comment

  1. ça ne devrait même pas être tabou, tout comme le fait que certaines femmes la choisissent même. Bravo pour raconter ton expérience <3

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